"c'est tellement petit chez moi ! Devant soi on ne peut pas aller bien loin..."

"c'est tellement petit chez moi ! Devant soi on ne peut pas aller bien loin..."
Dimanche. Le bas-côté file à toute allure. La machine infernale a repris, et on est en plein dedans ! Plus le temps de s'asseoir. Un jour en vaut des dizaines. Il me semble n'avoir pas exhalé deux fois dans le même endroit.
Il y a une semaine je claquai la porte aux nez de mes géniteurs en leur balançant qu'ils me reverraient quand "tout ça" aurait changé. Madeleine pendant cent kilomètres. Depuis je suis une taupe et ne sors plus que la nuit pour aller poser ma motte sur une chaise bancale flanquée de ma coloc. Nous oscillons entre morosité ricanante et hystérie gracile, pendant que les concerts s'égrènent tambours battants.
Cette semaine le festival Roulements de Tambours continue et nous suivons, dociles bénévoles.
Ensuite il y a Premiers Plans à Angers présidé par Lucas Belvaux, et ponctué par des soirées entre Lettres Sup'.
Enfin il y a Travelling et si vous y passez et que vous vous payez un sandwich, c'est moi qui encaisserai !

Road to Nowhere - Nouvelle Vague

Well we know where we're goin'
But we don't know where we've been
And we know what we're knowin'
But we can't say what we've seen
And we're not little children
And we know what we want
And the future is certain
Give us time to work it out
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# Posté le dimanche 17 janvier 2010 14:29

What I need is so much, what I need is over Even when I sleep I just walk on the border What I need too much is days What I need too much is nights What I need is lost in the lights As long as I'm not satisfied, I try But I don't even know what I try What I need is not so simple What I need is incredible What I need is so much trouble Where are you ? Sister, won't you appear ? Sister, sister, sister, won't you appear ? I give you all my love, give you all my soul again What I need is never found What I need is never done What I need is ever wasteeeed !

 What  I need is so much, what I need is over Even when I sleep I just  walk  on the border What I need too much is days What I need too much is nights What I need is  lost  in the  lights As long as I'm not  satisfied, I try But I don't even know what I try What I need is not so simple What I need is incredible What I need is so much trouble Where are  you ? Sister, won't you appear ? Sister, sister, sister, won't you appear ? I give you all  my love, give you all my soul again What I need is never found What I need is never done What I need is ever wasteeeed !
Il s'agira de frapper un grand coup.

Arrachons-nous la peau déchirons nos vêtements crachons sur les missiles salissons nos hôtels à pieds joins dans les flaques partons vers des ailleurs vendons nos anticorps "produisons du spectacle et de l'entertainment" courons à perdre haleine veillons sur nos mystères bafouons la république mâchons l'aristocrate achetons le superficiel mordons-les dans le coup hissons le drapeau noir rallions-les à notre cause campons dans les starting-blocks coupons-leur le courant cajolons nos injures fonçons vers le présent bouillons les tractopelles fâchons donc le soleil flambons Los Angeles empâtons-nous d'espoir maudissons la culture célèbrons le pétrole vacillons sous la lune éteignons la TV cultivons les pavés n'arrêterons nous jamais ? bravons l'inatteignable foutons-nous donc en l'air chantons la marseillaise buvons à la Santé saluons les hémophiles croyons à leurs sornettes envions les cosmonautes tout n'est que rythme enfin insultons le silence attachons nous aux arbres canonisons Carlos boudons les savonnettes enduisons nous de cire sauvons les sashimis surtout ne pensons plus ! Ecrivons des poèmes fumons nos boules de neige apprenons l'Alsacien retournons-nous encore grillons des fourmis rouges et brûlons le Pôle Nord, il en restera bien quelque chose allez....


Ce soir j'ai vingt ans mes frères ; je les dédie aux ours polaires.



[ici Lame Brisée dans Hero. Frappe le spectateur en plein dans le mille, doublement mortel.]

# Posté le vendredi 25 décembre 2009 16:31

Modifié le samedi 26 décembre 2009 07:17

The Wound - Noir Désir

The Wound - Noir Désir
Mardi. Heyooo =)
je me suis coupé les cheveux ! Alors bien sûr, ça faisait hyper bien en partant de chez la coiffeuse et puis dès que je suis arrivée chez moi c'était déjà Bagdad mais bon.
Je me prends royalement la tête à cause des 20 piges que j'ai pas envie d'atteindre, mais j'ai beau ramer à contre-courant et planter les ongles sur le bas-côté, le temps passe quand même. 20 ans c'est pas terrible, ça fait vieux et puis ça pue les responsabilités ; la vingtaine ça fait la décennie où tu termines tes études, où tu commences à bosser, où tu envisages les gosses et où tu dois te retenir de gifler les merdeux qui t'appellent "madame".
Oui alors je râle peut-être pour des broutilles parce qu'on doit tous y passer un jour, mais j'ai rien demandé moi merde.

Can't you feel the wound ?
And did you see the bounds ?
Have you ever heard a big breath ?
Hurricanes of skin
Torrents of frailness
Can't you feel the wound ?
An indian fury
An indian Riot
Oh, let them burn.



Pix : Avatar : la claque du siècle. Tout d'abord, je plains ceux qui ne l'ont pas vu. Il s'agit juste d'une renaissance cinématographique. Peter Jackson passerait presque inaperçu derrière Cameron, quoi. Le cinéma de demain ressemble à peu près à ça : du très grand art. La tornade Cameron passe et balaye tous nos bien-fondés cinématographiques. C'est un peu comme si le temps se laissait rattraper.
J'y retourne samedi. =)

# Posté le mardi 22 décembre 2009 12:36

Modifié le jeudi 24 décembre 2009 11:36

Le temps nous égare le temps nous étreint le temps nous est gare le temps nous est train. [Prévert]

Le temps nous égare le temps nous étreint le temps nous est gare le temps nous est train.


J'étais ailleurs.
Il fallait rendre les projets dans une trentaine d'heures et concrètement nous n'avions rien d'autre que les rushes, numérisés...dans un mauvais format.
Alors ils sont revenus et pendant plus de neuf heures il a fallu façonner la bande annonce d'un film...qui ne sera jamais réalisé. Ensuite seulement, a pu commencer le montage de mon projet. 'Baissé la garde à trois heures du matin. "Ca aurait pu être pire..."

En ouvrant les yeux, Rennes s'était déguisée en Virgin Suicides. La coquine. Un moment, splendeur éthérée. Et puis, pas le temps. Douche. Thé brûlant. No breakfast. Je sors.

...et percute de nouveau mon"double" dans le hall B. La neige fond sur son sourire et moi aussi, pendant que M... nous raconte les palmiers les enfants le soleil des Commores qui lui manquent. Là d'où il vient on ne met pas de manteau. Nous le fixons un peu déphasés. Devant nous Rennes étire ses jupons jusqu'au bout du monde.


J'ai des flashs qui me reviennent. Le jongler de parapluie devant la porte scellée du CREA, en attendant qu'elle veuille bien sortir de ses gonds. Du Commorien dans la salle de montage. Les raclages de fonds de frigo pour substanter les troupes. Le décompte des minutes pour le transfert de format... = celui des minutes avant le départ du train. Le lancer de portable du haut du troisième. Des bulles de savon dans la quiche de Noël. Un oiseau en carton "incroyable, il vole !". Ces deux jours ont vécu le temps d'une éclipse, le temps d'une avalanche.
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# Posté le vendredi 18 décembre 2009 18:18

One, two, three, four.

One, two, three, four.
vendredi
samedi
dimanche
'most greatest love in the world'
(en boucle)
joie - les revoir
amertume - ne pas compter plus
imminence - de la catastrophe
flirt - pas d'au-revoir
pagaille - nos rires résonnent encore
angoisse - que la lumière s'éteigne
côte à côte - des kilomètres de boue.


pix : Stranger than Paradise, Jarmusch.


c'est un peu comme du sable tu voudrais souvent en emporter une poignée mais, interstices, il s'écoule, inexorable, caustique.


Mardi. [aaaaaah ! 'Viens de décrocher mon premier reportage vidéo ici ! C'était juste un simple exercice de fin de semestre pour la fac, et voilà que le directeur du Salon veut que ça en devienne la promo ! Wow. Great. Crap.]
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# Posté le dimanche 22 novembre 2009 16:30

Modifié le vendredi 18 décembre 2009 18:33

Hey little bird, fly away home.

Hey little bird, fly away home.
Down by Law - Jarmusch [trailer].

And those were days of roses
Poetry and prose and martha
All I had was you and all you had was me
There mas no tomorrows
We'd packed away our sorrows
And we saved them for a rainy day.


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# Posté le mardi 27 octobre 2009 12:44

Modifié le dimanche 17 janvier 2010 12:47

And what costume shall the poor girl wear / To all tomorrow's parties / A hand-me-down dress from who knows where / To all tomorrow's parties / And where will she go and what shall she do / When midnight comes around / She'll turn once more to Sunday's clown / And cry behind the door

And what costume shall the poor girl wear / To all tomorrow's parties / A hand-me-down dress from who knows where / To all tomorrow's parties / And where will she go and what shall she do / When midnight comes around / She'll turn once more to Sunday's clown / And cry behind the door


Humpf.
L'amour me file entre les doigts.
Je suis contente pour vous tous je vous assure, mais taisez-vous merde.
Et toi arrête de me regarder avec cet air faussement condescendant. Arrête de me regarder tout court, tiens. L'amour me file entre les doigts, et tout ce qui va avec. Je fais des efforts pourtant. Je me sociabilise. Mais c'est plus fort que moi. Je pique des fards monumentaux. Je manque de combativité. Je préfère m'éloigner que persévérer. Conséquence logique : retour à la case départ. Sociabilité zéro. Mais passons.

J'ai des doutes. Le grand méchant prof s'acharne sur la frêle maison en paille de notre petit pocketfilm. Il désapprouve le projet. Tensions dans le groupe. Désaccords. Stagnation.
Question récurrente : que veux-tu faire plus tard ? Réponse réccurente : "..."
Amoncellement de projets, de scénars, de références à approfondir. J'ai l'impresson que le temps se compte en battements de paupières, j'ai l'impression d'accumuler chaque jour un retard interstellaire. Je ne sais pas trop s'il s'agit de percer ou de regarder le temps passer.
C'est le bordel. J'ai mal au coeur. Automne.


Voyez le nouveau monde (T.Malick), il est de main de maître.

# Posté le vendredi 16 octobre 2009 20:21

Modifié le jeudi 10 décembre 2009 14:11

September / les mots moches.

"ongle" c'est moche.
"cramoisi" c'est moche.
"hypothénuse" c'est moche.
"incurvé" c'est moche.
"strangulation" c'est moche.
"vrombissement" c'est moche.
"stick" c'est moche.
"protozoaire" c'est moche.
"accroupir" c'est moche.
"rogner" c'est moche.

je suis à court d'idées.


One More Time / Aerodynamic - Daft Punk (cultissime.)
L'escalier - Thomas Fersen
Poupées russes - Kraked Unit
June - Cocoon
Cries and Whispers - Jo Young-Wook (méconnu. à tord.)
Septembre en attendant - Noir Désir (un de leur meilleurs. et puis c'est de saison.)

Enfin... le morceau à mille points. Thème de In the Mood for Love, Wong Kar Wai. Il m'a happée. >> Yumeji's theme.

[ Edito : le morceau à DEUX MILLE points. California Dreamin' Original, par Bobby Womack chopé dans 'Fish Tank' d'Andrea Arnold. Allez voir ce film.]


September / les mots moches.

# Posté le mardi 22 septembre 2009 10:39

Modifié le mercredi 30 septembre 2009 10:08

Ô mes amis ! pourquoi le torrent du génie déborde-t-il si rarement ? pourquoi si rarement soulève-t-il ses flots et vient-il bouleverser vos âmes saisies d'étonnement ? Mes chers amis, c'est que là-bas sur les deux rives habitent des hommes graves et réfléchis, dont les maisonnettes, les petits bosquets, les planches de tulipes et les potagers seraient inondés ; et à force d'opposer des digues au torrent et de lui faire des saignées, ils savent prévenir le danger qui les menace." Goethe

Ô mes amis ! pourquoi le torrent du génie déborde-t-il si rarement ? pourquoi si rarement soulève-t-il ses flots et vient-il bouleverser vos âmes saisies d'étonnement ? Mes chers amis, c'est que là-bas sur les deux rives habitent des hommes graves et réfléchis, dont les maisonnettes, les petits bosquets, les planches de tulipes et les potagers seraient inondés ; et à force d'opposer des digues au torrent et de lui faire des saignées, ils savent prévenir le danger qui les menace." Goethe
Sliimy - Tic Tac
Iggy Pop - The Passenger
I am the passenger and I ride and I ride / I ride through the city's backsides / I see the stars come out of the sky / Yeah, the bright and hollow sky / You know it looks so good tonight

Ha ! Ces jours-ci la chance me sourit, j'ai des envies de pureté et d'intensité en même temps comme une femme en cloque a des fantasmes de fraises, mon corps s'empâte - malade d'immobilisme - mais mon esprit virevolte, je suis profondément OP-TI-MISTE.
Enfin, je fais peut-être des histoires pour des petits riens, mais après tout ma vie - LA vie - est faite de petits riens qui la jalonnent et la pimentent, pas vrai ?
J'avais déjà enterré mon coloc, traître aux siens en partance en croisade vers des terres inconnues toute une année durant ! ... et me laissant à l'arrière. J'avais cru à ses paroles fourchues comme une mouche imbécile attirée par la lumière de l'autre côté de la vitre. Balivernes ! Mensonges éhontés ! Boutade de mauvais goût, d'une bassesse innommable ! Soulagement et joies...qu'il ne saura jamais, hein.
A force de tambouriner à la porte du passé, on parvient à en survoler le chambranle. J'obtins un verre, une balade, un dîner, un cinéma et une montagne de sourires, le tout dans la même soirée.
Demain je pars (mes chers parents je pars, vous n'aurez plus d'enfant..) direction Rennes, investir le nouvel appart, adosser mon bordel à d'autres murs, et retrouver ma nouvelle coloc. (J'espère que celle-ci durera..j'en change tous les ans ^_^) Un ménage à trois ! Non, deux et demi ! De nouveaux rires ! Quel bonheur.

Ces jours-ci la chance me sourit, j'ai des envies de pureté et d'intensité en même temps, un peu comme quand on regarde un film de Keaton (juste en haut) où virtuosité et retenue font contrepoids. L'année redémarre, et avec elle encore plus de spectaculaire, d'indécision, de rencontres et de retrouvailles. Les angevins déménagent, Rennes est le nouveau QG, les soirées s'annoncent haut perchées.

# Posté le lundi 31 août 2009 14:14

Modifié le mardi 22 septembre 2009 13:21

BACK.TO.THE.NOISE

BACK.TO.THE.NOISE
Pix : Inglorious Basterds. L'un des meilleurs de l'année.

Il semble que ces derniers jours ont décidé de filer comme des étoiles en emportant mes voeux avec eux. Depuis près de deux mois il me faut vivre à mille à l'heure. Vite ! Continuer, rouler, bouger, avancer encore ! L'arrêt est de mort. Il faut sans cesse ouvrir de nouvelles portes, apprivoiser de nouvelles clés, résonner de nouveaux rires, et ne pas s'attarder. Narguer la pluie dans les côtes d'armor et longer les déferlantes encapuchonnés comme des plongeurs, léchés par les rafales, des heures durant. Se tasser sous les petits chapiteaux d'un festival interceltique, et lorgner impunément la nuque de l'accordéoniste. Oublier les basses des voisins de camping en croulant sous leurs sourires et leur joie de vivre.
- Vous aimez notre musique les filles ? (vieux rap graveleux)
- ...
- Attendez c'est pas grave on va mettre Brassens.
L'Empire des chaussettes-baskets chancelle et ploie sous le vibrato du grand homme.


Pearl Jam - Man of the Hour
Bashung - La nuit je mens
(d'estrade en estrade j'ai fait danser tant de malentendus / des kilomètres de vie en rose / un jour au cirque / un autre a cherché à te plaire / dresseur de loulous / dynamiteur d'aqueducs / la nuit je mens / je prends des trains à travers la plaine)

[J'ai vu au loin se profiler la silhouette d'A.Poulain et de S.Tesson, deux grands hommes qui, gamins, décidèrent de faire le tour du monde à vélo. Leur courage est hérité (Caillé, David-Neel..) et leur force évocatrice :
- "Sur notre gauche, c'est le Brahmapoutre qui coule. Pendant deux jours, nous remontons vers ses sources mythiques. Le vieux fleuve se prélasse dans une vallée large. Déjà nous recommencons à lutter contre le vent. Il ne nous lâchera plus jusqu'au Népal. Chaque matin, les drapeaux à prières nous livrent le verdict. Flottent-ils dans le bon sens ? Non. Vent dans le nez. Journée d'enfer."
- "Voyez-vous, dit le père Bosco, il y a une hiérarchie. plus on est gros, plus on est pur. Voilà pourquoi on vénère les éléphants. L'éléphant est irréfutable. Mais le dinosaure est plus gros. Donc plus pur. Or il a disparu. C'est qu'il est au nirvana. Darwin s'est trompé : ce n'est pas l'homme qui descend du singe, c'est le puceron qui devient brontosaure s'il est bien sage."]


22h14.
Little Miss Sunshine / There will be blood.
Décidément, j'ai un petit faible pour Paul Dano.


Note : [ DVD's à conquérir : ]
[ Mister Lonely ]
[ L'étrange histoire de Benjamin Button ]
[ Pierrot le Fou ]
[ le Nouveau Monde ]
[ Au diable Staline, vive les mariés ! ]
[ I'm not there ]
[ Good Morning England ]
[ Jules et Jim ]
[ Reservoir Dogs ]
[ Musa ]
[ le Bon, la Brute et le Truand ]
[ Inglourious Basterds... à venir. ]
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# Posté le dimanche 23 août 2009 11:29

Modifié le mardi 17 novembre 2009 13:08