" Il est six heures du matin. Le roulement d'une voiture se fait entendre et le spectateur qui a des yeux de lynx, mais seulement celui-là ! pourrait voir dans la coulisse un fiacre s'arrêter et Pierrot en descendre. " Galipaux.

DIMANCHE. Il semblerait que les habitudes se perdent comme toutes ces savonnettes à usage unique des restaurants, des avions, des films mythiques (suivre..dur..). Il y a quelques années j'aurais pu poster des photos de ces instants juchés, mon petit appareil toujours en poche. Mais voilà : le temps me file entre les doigts ; l'appareil rouille et s'oublie. Restent les mots, donc pas grand-chose.
On se serait cru dans un film américain des années trente. La nature et ses bruits, l'exploitation agricole, l'étang, les ombres étirées, la tyrolienne, les caravanes rouillées et nos cris d'enfants. Des bienheureux livrés à eux-mêmes, gorgés de rires et de soleil. Bercée par la musique boiteuse sous les doigts engourdis d'un apprenti jazzman, je me prenai à rêver détournements mineurs et envolées fugaces.

Insouciant commencement du Vacarme estival.



" Il est six heures du matin. Le roulement d'une voiture se fait entendre et le spectateur qui a des yeux de lynx, mais seulement celui-là ! pourrait voir dans la coulisse un fiacre s'arrêter et Pierrot en descendre. " Galipaux.
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# Posté le dimanche 05 juillet 2009 20:30

Don't understand it ! Don't understand it ! You're just a dog gone ! And who gave you the right to scare my family ?And who gave you the right to scare my baby, she needs me ? And who gave you the right to shake my family tree?And who gave you the right to take intrusion, to see me? And who gave you the right to shake my family? And who gave you the right to hurt my baby, she needs me ! And who gave you the right to shake my family tree ? You put a knife in my back, Shot an arrow in me ! Tell me are you the ghost of jealousy ? A suckin' ghost of jealousy ?

Don't understand it ! Don't understand it ! You're just a dog gone ! And who gave you the right to scare my family ?And who gave you the right to scare my baby, she needs me ? And who gave you the right to shake my family tree?And who gave you the right to take intrusion, to see me? And who gave you the right to shake my family? And who gave you the right to hurt my baby, she needs me ! And who gave you the right to shake my family tree ? You put a knife in my back, Shot an arrow in me ! Tell me are you the ghost of jealousy ? A suckin' ghost of jealousy ?
Aaow !


Alors mon vieux copain, berceau de mon enfance et de mes apprentis moonwalks, tu as fini par lâcher prise. Disparaître, mourir comme il en va dans la nature humaine, peut-être le premier truc normal dans ta jackson-life que tu nous donnes à voir. Il n'empêche ; mon admiration reste sans bornes. J'ai beau me dire que le meilleur était derrière, que je n'aurais pu m'offrir une place pour ton come back in London, que c'est normal de mourir, enfin... je me dis aussi qu'on rentre un peu plus profondément dans l'Histoire avec son grand H qui écorche les paumes. Qu'on les emmerde, ceux qui se sont accrochés à l'envers du miroir, à salir ton reflet en collant leurs doigts partout. Ils finiront par mal dormir. Tu le dis si bien toi-même.
Enfin, je suis contente que tu n'aies pas succombé en extraterrestre, névrosé reclus à Neverland, mais bien en homme, quoiqu'esseulé et tanné par tant d'histoires sirupeuses. Il ne suffira pas d'un siècle pour que la terre enlève son voile. Mais je suis heureuse de l'avoir foulée en même temps qu'un tel roi.



S'il ne fallait retenir qu'un morceau (au prix de tant de sacrifices), ce serait Ghosts ; bien qu'on en parle peu considérant l'immense succès de tubes comme thriller ou bad, je trouve que c'est là que MJ est au sommet de son art. Et parce que le clip, précurseur et tellement résonnant désormais, a marqué le Monde.. et j'en fais partie.



[ et pourtant, on ne peut allumer la radio ni la TV sans le croiser partout, sur ces bios en hommage larmoyantes à la con. Faut-il vraiment qu'on s'apitoye, et qu'on aille acheter, consciencieusement, quelques poignées supplémentaires de ses disques ? Faut-il vraiment aller polémiquer sur son médecin et ses piqûres dites douteuses pour une fois encore rattacher MJ au Fantasque, au Fantastique, et transformer les circonstances de sa mort en feuilleton télé à deux balles ? Qu'on le laisse en paix pour une fois ; il n'est plus, c'est tout ce qu'il y a à savoir. Aucun scoop ne tiendra désormais. Il n'empêche ; les souvenirs affleurent comme les fans éplorés. Je me revois gamine devant le clip de Ghost/ 2bad/ Is it scary ?, émerveillée, et m'acharnant à reproduire les pas. Je me rappelle les chorés apprises en cours sur des morceaux quelconques, transposées sur des morceaux de MJ pour leur donner un coup de punch, et en faciliter la mémorisation. Je me rappelle la fascination pour le personnage, admirablement détesté, sournoisement adulé, qui s'appliquait toujours d'avantage à ce qu'on ne voie pas son vrai visage, transcendé par son génie, sa jackson way of life. Artiste maudit, solitaire et furtif, si jeune déjà dans l'ombre de son sommet. Alors, malgré tout, on ne peut s'empêcher d'avoir le coeur serré, devant tous ces mythes qui s'éteignent, parce qu'on se demande toujours qui restera encore. ]
# Posté le vendredi 26 juin 2009 16:12
Modifié le lundi 29 juin 2009 14:05

' Je m'endors sous la yourte en pensant à la laideur du chameau, et je me dis qu'en le voyant toutes les plantes s'enfuirent, et ce fut le désert.' Sylvain Tesson. °° CocoRosie - Hairnet Paradise

' Je m'endors sous la yourte en pensant à la laideur du chameau, et je me dis qu'en le voyant toutes les plantes s'enfuirent, et ce fut le désert.' Sylvain Tesson. °° CocoRosie - Hairnet Paradise
bad crowd
tea, cake and sweet
sweet tamiga
garden that is sweet
sweet, sweet tamiga

it was a hairnet paradise
i praised in demise
it was a hairnet paradise
burn the blue eyes
burn the blue eyes

------------------------------------

Lundi. J'ai tellement de coups de coeur en ce moment qu'il faut que j'extériorise. La live performance des CocoRosie est grandiose, je regrette qu'il n'y ait pas plus de leurs morceaux sur deezer. Leur univers est si profond également. Voyez la photo.
Et puis il y a ce morceau, tiré de la BO d'Arizona Dream de ce cher Kusturica, interprété par Iggy Pop ; il tourne en boucle dans mon petit lecteur. [ TV Screen ] Qu'il est bon de se sortir de la tête les tubes gras d'HitWest, qui nous abrutissent neuf heures par jour maintenant.
D'ici une semaine, mes godasses auront déserté les sol poussiéreux de Bk. Plus de boulot, plus d'horaires, et un peu d'argent en poche. For once, just freedom. Mais voilà : j'ai personne avec qui partir, là tout de suite. Et puis tout change, subreptiscement. On croirait des ombres prédatrices dans une jungle de malentendus et de lassitude. J'ai des flashs étranges. Un jour je pagaye à bord d'une pirogue sud-américaine. Un autre je roule en montagne, le soir tombant. Ou bien, je marche dans le désert. Toujours seule. Ces récits de voyage dévorés convulsivement me montent à la tête et m'endoctrinent plus qu'ils ne me bercent. "Ca fait plaisir et ça fait peur en même temps". Mais en attendant, je reste.


Le reste plus tard.


[mise à jour] > Par exemple, le clip du Roi des Ombres, -M-(agnifique) :°P
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# Posté le samedi 20 juin 2009 11:00
Modifié le jeudi 25 juin 2009 13:17

" J'aime entendre résonner sa voix sous un ciel crevé d'étoiles, même si la façon dont elle sussurre "love is dangerous for your tiny heart" me paraît un peu étrange." Mathias Malzieux ------------- Welcome to Tijuana / Manu Chao

" J'aime entendre résonner sa voix sous un ciel crevé d'étoiles, même si la façon dont elle sussurre "love is dangerous for your tiny heart" me paraît un peu étrange." Mathias Malzieux ------------- Welcome to Tijuana / Manu Chao
Des choses changent, et puis pas d'autres. Un moment je me serais crue sur un tournage de manière assez imminente, et puis de nouveau livrée à moi-même sous le chant des grillons. Et en fait non. Armée de chaussures en métal (comme dans Zelda quand on pénètre dans la mine des Gorons après avoir récupéré ce maudit canasson), je vais classer et étiqueter des ouvrages scolaires à l'ombre du toit de taule d'un hangar en fusion. Tournage = OUT. J'ai les boules graves. Mais tant pis.
Tant pis parce que, renflouer les caisses de cette manière va permettre, par exemple, de migrer jusqu'en pays angevin pour, par exemple, passer de nouveau quelques jours comme les deux précédents, et revoir de vieilles connaissances, et pleurnicher parce que Bill de Kill Bill est mort pendu lors d'un jeu sexuel (véridique), et mouiller nos culottes devant Federer / Del Potro. Ou alors, picoler jusqu'à plus soif et mmh... sombrer un peu plus dans la décadence, délibérément.
Ou encore, réunir cette famille Bizu chérie avec un B majuscule dans ce nouvel appart rennais pour mmh... pendre la première crémaillère de l'année et s'enivrer doucement au formol en se mouchant sur nos arcanes passées. Chanter des choses obscènes à tue tête en pleine rue. J'en ai appris plein de nouvelles...
Peut-être encore, s'affaler dans les bras du premier surfeur australio-angevin qui passe, ou pas.
En tout cas ce sont EUX qui ne changent pas, non pas "eux" ; "NOUS" puisque c'était ça c'était nous, ces connards d'internes qui nous la coulions douces dans les bras des durs fauteuils de la salle télé, en rêvant tout bas d'aller s'en griller une en douce passée l'heure du couvre-feu, au-delà du grillage.


J'étais rassurée pour un temps mais depuis, ya une boule tout au fond, ça pique un peu.
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# Posté le samedi 06 juin 2009 12:18
Modifié le mercredi 17 juin 2009 12:24

So far it's desaster, but from my roof you know, it's just a branch in a bonfire. See you later. [Deportivo]

So far it’s desaster, but from my roof you know, it’s just a branch in a bonfire. See you later.
>> Oh, mais... mai ! / In the death Car - Goran Bregovic (feat. Iggy Pop)
Trouver une place où jeter l'ancre cet été, si possible avec un salaire au bout du quai. Cuisiner plus de trente-quatre secondes par jour. Couper ces trucs indémêlables, courts. Grand écart. Perdre du poid. Parler allemand. Aborder plus de gens. Plus culottée. Moins tenace. Plus volatile. Trouver une solution pour monter un lit toute seule au 3e étage. Ressembler à une fille, sinon à quelque chose. Arrêter ces stupides crises d'angoisse.. donc réussir à tenir plus d'une heure vingt dans une pièce avec une porte fermée. Soigner mon écriture. Réfléchir avant de parler. Ne répondre que si c'est à moi qu'on s'adresse. Faire du bénévolat. Souffler un peu. Tenir mes promesses.

[Spark : ] "fais-toi bouffon ou homme de lettres, c'est encore le plus efficace moyen qui nous reste de désopiler la misanthropie et d'amortir l'imagination". (Musset, Fantazio)
# Posté le dimanche 10 mai 2009 17:36
Modifié le mercredi 17 juin 2009 12:25

Jeudi, nous rentrions titubantes de la rue de la Soif qui nous avait encore ouvert les bras. Nous : Morgane et moi, Morgane que je n'ai pas encore présentée (: Un petit bout de tête blondinette qui cuisine comme une reine, a un narguilé dans sa poche et s'offre de partager un balcon avec moi à la rentrée prochaine. Peut-être avons-nous même trouvé notre bonheur aujourd'hui, chambres avec vue à 10 pas du métro.) Chemin faisant, on avait fini par échouer au St Michel, dont le proprio se déplaça faire la bise à ma copine de déchéance rennaise. Après avoir subi le hasard des rencontres, etcaetera, nous zigzagions entre d'incertaines formes avec en tête la chanson sur laquelle les soulards s'étaient levés, et avaient clamé debout sur les tables, invincibles : Les hommes que j'aime.

Jeudi, nous rentrions titubantes de la rue de la Soif qui nous avait encore ouvert les bras. Nous : Morgane et moi, Morgane que je n'ai pas encore présentée (: Un petit bout de tête blondinette qui cuisine comme une reine, a un narguilé dans sa poche et s'offre de partager un balcon avec moi à la rentrée prochaine. Peut-être avons-nous même trouvé notre bonheur aujourd'hui, chambres avec vue à 10 pas du métro.) Chemin faisant, on avait fini par échouer au St Michel, dont le proprio se déplaça faire la bise à ma copine de déchéance rennaise. Après avoir subi le hasard des rencontres, etcaetera, nous zigzagions entre d'incertaines formes avec en tête la chanson sur laquelle les soulards s'étaient levés, et avaient clamé debout sur les tables, invincibles : Les hommes que j'aime.
Lundi-lundi. Madame rêve d'atomiseurs et de cylindres si longs qu'ils sont les seuls qui la remplissent de bonheur... d'un amour qui la flingue, d'une fusée qui l'épingle au ciel.
Nous jonchions le parquet, nos cheveux emmêlés parmi les étagères croulant sous les souvenirs. J'avais avalé les kilomètres sans brûler les étapes, embrassé Angers et sa peuplade, savouré ses plats parfumés dans les rares restos restés ouverts un premier mai. Et le soir, accoudées à la ville, une fenêtre ouverte sur ses barreaux dorés, nous sirotions de la vodka espagnole dans des gobelets en plastique, ragaillardies par la marche nocturne et silencieuse qui reliait un à un nos souvenirs envolés. Et puis ç'avait été Saumur, Saumur et ses routes droites que bordent des champs colorés, insolites, Saumur et ses bourgades improbables qui accueillent de pauvres supporters de baskets (nous), clochards célestes et titubants, plus attirés par le fracas de la buvette que par l'amour du spectacle (« Quand des clochards célestes se retrouvent par hasard au bord d'une piste, cela déclenche d'indescriptibles effusions : larmes, jappements de chiots, câlins, roulades. » - S.Tesson). Saumur et son château, géant spectral que nous ralliions encombrées de nos démarches vacillantes, exacerbées par le feulement d'un chat ou le frôlement des ailes des chouettes, à quatre heures du matin. Saumur la Touristique, qui se noie à petit feu sous les paupières lourdes des camés des quais. Saumur l'Equidée aux yeux cerclés de noir, prestige usé en poche, délocalisation guettant. Enfin, j'y avais échoué pour une poignée d'heures, attrapé au vol les mains tendues et m'étais écroulée sur le parquet d'une maison aux murs déjà familiers. La tendresse avait ressurgi en volutes gitanes au bord du cendrier, calée aux accoudoirs de plastique, bordée par la pénombre. Ces dents blanches, ce sourire accroché aux coins des yeux enserraient mon coeur, honteux de les avoir enfermés avec mes sujets de khôlles dans des cartons craquelés entre parenthèses. On passe trop sous silence l'importance vitale de tels pélerinages, en les recouvrant comme d'une couche de poussière d'excuses abominables, de mensonges éhontés.



Epure... Bang Bang [My baby shot me down.]
# Posté le jeudi 07 mai 2009 15:27
Modifié le mardi 16 juin 2009 17:14

' Dieu sous le sommeil d'un nouveau-né ou sous le désarroi de votre allure, c'est immense, madame, immense. ' [ Bobin ]

' Dieu sous le sommeil d'un nouveau-né ou sous le désarroi de votre allure, c'est immense, madame, immense. ' [ Bobin ]
Je passe ici en coup de vent vous dire que je serai absente pendant longtemps encore. Je bouge, tourne, valse, ça n'arrête pas, j'ai perdu ma connexion wifi dans le brouillard et je promène mon temps de chien sous l'horizon. J'aurais aimé raconter plein de choses, de tendres retrouvailles de jeunes chiens fous un soir de brousse, un road-trip en freestyle cosmopolite à Paris, les mains tendues d'Andy Wahrol, de Jim Morrisson, Montmartre, la mer parisienne à nos pieds sous nos yeux ébahis. Aussi, les trucs de Méliès et son voyage dans la lune, et la promesse angevine et saumuroise de ce week-end. Mais je n'ai pas le temps ! Ma valise ne désemplit pas, le charme se maintient, je dors chaque nuit dans une nouvelle chambre. Chez moi, c'est partout à la fois. Il y a aussi tous ces chez-soi rennais potentiels... j'attends d'avoir le coup de coeur pour signer un nouveau bail, du changement, c'est ça dont j'ai besoin. L'année universitaire court au désastre, mais personne ne s'en rend compte. Ca passe comme une lettre à la poste, ma main à couper que le ministère ricane et soupire d'aise.


Je vous retrouve d'ici deux semaines.



[en haut : Kate Moss, Vogue se débrouille parfois.]
# Posté le lundi 27 avril 2009 08:03
Modifié le mardi 16 juin 2009 17:14

"Ce polaroïd a été lancé sur la scène par une fan lors d'un de nos premiers concerts. Je ne sais toujours pas qui est cette fille et ne le saurai sans doute jamais. J'espère simplement que la douleur physique et affective qui saute aux yeux sur cette photo a cessé, ou au moins diminué. Cette image et le texte qui l'accompagne m'ont immédiatement parus extrêmement dérangeants et n'ont jusqu'à ce jour rien perdu de leur intensité à mes yeux. Je l'ai rangée dans ma trousse à maquillage et emmenée avec moi autour du monde, comme une sorte de porte-bonheur. J'aimerais passer un grand bonjour à cette fille. Rappelle-toi qu'où que tu sois dans le monde, tu n'es jamais seule. Ce monde est aussi beau qu'il est laid. Il suffit de tendre la main et de faire en sorte que chaque lendemain soit meilleur que la veille. Le passé n'est plus, il n'existe que dans nos mémoires. Le futur est un pari et seul le présent est réel. Savoure toutes les douceurs qu'il a à t'offrir." Brian Molko > Les Inrockuptibles : Août 2000. [clin d'oeil à Evalia.]

"Ce polaroïd a été lancé sur la scène par une fan lors d'un de nos premiers concerts. Je ne sais toujours pas qui est cette fille et ne le saurai sans doute jamais. J'espère simplement que la douleur physique et affective qui saute aux yeux sur cette photo a cessé, ou au moins diminué. Cette image et le texte qui l'accompagne m'ont immédiatement parus extrêmement dérangeants et n'ont jusqu'à ce jour rien perdu de leur intensité à mes yeux. Je l'ai rangée dans ma trousse à maquillage et emmenée avec moi autour du monde, comme une sorte de porte-bonheur. J'aimerais passer un grand bonjour à cette fille. Rappelle-toi qu'où que tu sois dans le monde, tu n'es jamais seule. Ce monde est aussi beau qu'il est laid. Il suffit de tendre la main et de faire en sorte que chaque lendemain soit meilleur que la veille. Le passé n'est plus, il n'existe que dans nos mémoires. Le futur est un pari et seul le présent est réel. Savoure toutes les douceurs qu'il a à t'offrir." Brian Molko > Les Inrockuptibles : Août 2000. [clin d'oeil à Evalia.]
Et brusquement j'en ai eu marre de ces pages. Ca ne me plaisait plus, ce n'était plus moi, et j'ai eu envie d'avoir, comme Brian, une idée plus tranchée du passé. J'ai eu envie d'essayer d'autres sites (lexode est un peu mou du genou mais canalblog offre des possibilités intéressantes) mais je ne trouvais pas de pseudo. Il a fallu faire un choix. Alors, le couperet est tombé et 101 articles sont passés à la trappe. Byebyye.
Ce n'est pas grave, rien n'est irréversible. Ce sera différent, ce sera mieux j'espère. Ce sera la surprise.
Enfin, je monte un peu en pression là, mais rien ne va fondamentalement changer. Ce sera... la progression de la continuité, voilà tout. (=



18.4.9 : Des visages, des figures dévisagent défigurent des figurants à effacer des faces A des faces B appâts feutrés attrait des formes déforment, altèrent malentendu entre les tours
et c'est le fou
qui était...
pour.


> Tu sais, ça fait un an, et le souvenir reste.


Dimanche. [Le dimanche est un jour qui n'existe pas.] Alors il a fallu qu'elle le prononce, et tout a explosé. Les mots ont envoyé valdinguer les semaines de non-dits et de temps perdu. Depuis toujours j'étais là, en équilibre, tentant de rabibocher ce qui pouvait l'être, raccrocher les lambeaux entre eux, repasser au stylo feutre les lettres pour qu'elles ne s'effacent pas, les prononcer avec candeur comme on prononce "wonderland". La famille. Je me voyai emplie d'une mission, d'un rôle, celui de la bouée de sauvetage, qui la maintient à la surface. Pauvre conne, j'avais tout faux.
J'avais tellement rêvé de me détacher d'eux que d'autres habitudes leur sont apparues. C'était mathématique : 4 = 3. C'étais moi, l'idiote, le maillon faible, c'est moi qui venais chambouler leurs habitudes de trio quand le couperet était tombé et l'amertume du temps qui passe avalée. "Mais enfin tu n'as pas compris ? C'est à cause de toi tout ça... C'est toi." Aucune méchanceté, aucun embarrassement ni surtout aucun doute dans ses paroles. Ma mère constatait, simplement.
Au lieu de recoller les morceaux, j'envenimai les choses, toujours plus. Je débordai de mon rôle de fille, de soeur, j'étais mère, j'étais père, j'étais enfants au pluriel. J'ai dévasté l'équilibre du mieux que j'ai pu faire. Tous mes efforts empiraient la situation. Comme d'habitude, comme souvent, j'étais "out", j'étais - quelle ironie - , j'étais HORS SUJET.
"Tu as voulu partir, pars ; mais, ne reviens pas trop". Et j'ai tellement besoin de tout, encore.
J'ai besoin qu'on me dise de ne pas m'apitoyer trop longtemps quand le coup est porté. Que l'indépendance, la vraie, ne commence PAS avec la première paye mais avec la première fois que ton prénom est le seul sur la boîte aux lettres. Avec la première fois où tu perds tes repères comme tu perds ta virginité : c'est banalement vertigineux. C'est un exil volontaire et une petite mort, un déménagement autant qu'un renoncement de soi, l'adoption de l'imparfait dans tes mots, les retrouvailles familiales comme un entretien d'embauche.
Comment faites-vous, quel coche ais-je encore raté.


my sweet prince. P.

Never thought I'd get any higher
Never thought you'd fuck with my brain
Never thought all this could expire
Never thought you'd go break the chain


[ tout en haut, travail de Lindbergh, waouh-waouh-waouh.]
# Posté le mercredi 15 avril 2009 16:34
Modifié le dimanche 19 avril 2009 16:44

W.I.L.D.E.R.N.E.S.S.

W.I.L.D.E.R.N.E.S.S.


Oh-là-là. Plein de gens veulent m'embaucher c'est la fo-lie. Enfin, « plein de gens ». Au moins ils sont deux, j'peux mettre un pluriel quoi.
Mais tout m'est tombé dessus d'un seul coup, et je me sentais comment dire.. précieuse, tu sais un genre de génie du cerveau hyper spécialisé dans un domaine très recherché type pierre philosophale, et pour lequel les PDG pousseraient des enfants tétraplégiques d'une falaise s'ils pouvaient l'avoir dans leur boîte. Ahem. Enfin bon, je me voyais déjà faire face à une armée d'employeurs, et leur gueulant « Arrière, Ripaille, Couars, Veules gredins, gare ! Vermine que vous êtes, faites place je veux de l'espace et si j'aime pas ta face, je t'efface ! »... mais au lieu de ça, je bafouillais des « wouimercimadame » et des « wouid'accordmonsieur » en suppliant le suppliable que ma messagerie qui avait assuré un premier contact ne soit pas trop cul-cul.
Enfin, quoi qu'il en soit, moi j'veux bien me la couler douce dans une office de tourisme déserte à 100m de la mer & de la cabane des maîtres-nageurs (yihaa) avec un salaire d'enfer pendant 2 mois, ouais, je supporterais bien jcrois. Presque autant que de garder des gosses de riches dans leur manoir sur plage pendant leur mariââge. [ Here we are ]
En attendant, on s'ennuie ici. Je tourne en carré entre mes quatre murs. Ma guitare a craqué, elle s'est pendue avec sa corde de ré. La fac c'est pas rose, la fac c'est morose, et puis il fait pas beau. Les infos bourdonnent que l'année tangue et que la mer est houleuse. Vice-président et bloqueurs combattent à main nues. Bloqueurs et antibloqueurs combattent à main nues. Les profs, c'est du bétail. Les rites sataniques sont de mise : on a pendu un nounours « Marko » à tête de président collée (une photo agrandie) devant la porte du hall B. Je questionne : mais que fait la police ?!
Le film ? En suspens. On a besoin d'une actrice qui aurait de l'expérience, plutôt théâtrale et pas deux semaines en multisports quand elle avait cinq ans, ou au moins qui aurait une certaine aisance naturelle. Wanted. Quickly. Mais on trouve pas.


Tiens j'ai oublié... : Réveille toi !
# Posté le jeudi 09 avril 2009 17:06
Modifié le mardi 16 juin 2009 17:16

Bagdad la Béante.

Bagdad la Béante.

Well you've gotta have a wash but you can't clean your name
You're now called Jimmy you'll be Jimmy just the same
The keys are in a bag in a chest by the door
One of Jimmy's friends has taken the floor
Jimmy Jimmy Jimmy won't you please come home where the grass is green and the buffaloes roam
Dear old Jimmy you've forgotten you're young but you can't ignore the buffalo song





S'il fallait n'avoir qu'un seul coup de coeur dans la vie, pour l'instant je n'aurais qu'une réponse. "Jimmy".
C'était en regardant le clip des Moriarty tout à l'heure. Je trépignais en retournant deux mots dans tous les sens sans savoir pourquoi : "C'est ça. C'est ça c'est ça c'est ça." C'est quoi j'en sais rien, mais ça a déclenché quelque chose quelque part qui a poussé mes bouts d'ongles à écorcher mes paumes.
Le commun des coups de coeurs est de te happer. Celui-ci m'a en même temps comblée qu'il m'a offert un tremplin vers d'autres sensations contradictoires, inattendues et infinies. Tu te sens un peu bête, un peu à nue, on dirait la rose du Petit Prince de Saint Ex'. Quelque part c'est d'une petite mort dont tu te réveilles, tu songes un instant que la vie n'a de sens que lorsqu'elle t'échappe, et tu as faim, ça ne cesse pas, tu es béante et, toujours, la peur de dormir t'accroche.

Il y en a tant que je voudrais secouer, leur souffleter des murmures à la gueule et puis s'allonger dans l'herbe comme le font les enfants, et inclinant la tête leur sussurrer qu'il est des choses qu'ils n'ont pas le droit d'oublier. En oubliant tu égares, tu jettes des pans de ta jeunesse aux lions dans la brume, tu m'effaces et moi, moi je t'avais gardé.
Pour comprendre et raviver, il faudrait écouter la Complainte de la Contrebasse devant la Mer, mais elle n'existe pas encore et je l'ai déjà effacée.

En tout bien tout honneur, et comme colocataire, il me faut l'Inconnue. Pas de marchandages, j'ai d'autres chats à fouetter.

J'aurais tant aimé parler d'évasion mais je n'ai pas la place, et déjà elle m'échappe.


* *
*
* *


AVRIL : Faire figurante pour la soeur de Cassel. Débarquer dans une colocation déjà formée, à l'instar de l'Auberge... Retrouver des gens. En effacer d'autres. Insulter ces vigiles qui fouillent mon sac au milieu du hall d'atlantis (et pourquoi ?). Changer de couleur. Supporter la chaleur. Fantasmer sur un job dans la serre des merveilles de Jardiland. Répondre au téléphone. Moins d'intransigeance. Plus d'affection à leur porter. Refaire un tour en forêt. Aller déclarer ma flamme au prof de cirque. Me blinder sur la filmo de l'Amérique des années 70. Commencer par choper Bonnie & Clyde. Embarquer Kerouac dans la foulée. Arrêter de m'empâter sur cette chaise. Recommencer les étirements. Lui demander de m'emmener faire un tour en avion. Réapprendre les 150 Pokémon d'origine dans l'ordre.
- I went back to the motel
the only light i could see
I needed a bath and bubbles around me
I vanished into the water and gently smiled
I sniffed my baby's pants and lied on her sidewalk's
Tomorrow we'll be in Mexico
# Posté le lundi 30 mars 2009 15:48
Modifié le mardi 16 juin 2009 17:17